Sauf mention spécifique, Toutes mes productions personnelles sont en licence Creative Commons. vous pouvez donc télécharger, modifier et reproduire toutes mes créations tant que vous me citez, et que vous n'en faites aucune utilisation commerciale.
Pour toute utilisation commerciale, merci de me contacter. Les licences Creative Commons ne sont pas exclusives et n'empêchent aucunement un contrat commercial parallèle sur les mêmes oeuvres. Cependant n'étant pas affilié à la SACEM c'est directement avec moi qu'il vous faudra établir ce contrat.
Les particuliers et les associations n'ont rien à payer, ni à la SACEM ni à moi (pensez tout de même à la Spré dont le paiement est une obligation légale).
Attention : Sur ce site sont diffusées également des oeuvres communes avec d'autres artistes, qui ne sont généralement pas en Creative Commons.
Mes revenus proviennent surtout de mes concerts et des dons. Si vous appréciez mes créations et souhaitez me soutenir, vous pouvez me faire un don d'un montant libre par PayPal, en cliquant ici.
| Le sport, c'est la guerre ! |
|
|
|
| Philosophie - Textes | |||
| Vendredi, 14 Août 2009 01:54 | |||
|
Ah, les valeurs du sport ! Tolérance, respect, émulation, communion entre les peuples… C’est à se demander comment la guerre et la dictature existent encore dans le monde, avec toutes ces compétitions sportives internationales… A se demander aussi pourquoi les dictatures, justement, aiment tant le sport… Après les Jeux Olympiques en Chine qui ont tant fait pour les droits de l’homme, la question reste donc entière : c’est quoi au juste l’esprit sportif ?
La bonne conscienceQuand on vante l’esprit sportif, on parle en général de respect, de tolérance, de fair-play, c'est-à-dire toutes les choses que l’on tente d’imposer dans le sport grâce aux règles, à l’arbitrage, l’éducation… afin d’éviter la violence et la haine sur les terrains ou dans les tribunes. Or, si ces valeurs étaient réellement encouragées par le sport, il n’y aurait aucune raison de les imposer par des règles, ni de sanctionner ceux qui ne les respectent pas. A-t-on besoin de préciser dans les règles du jeu de dames ou de la belotte qu’il est interdit de frapper son adversaire ? A-t-on besoin d’interdire aux spectateurs de théâtre de proférer des insultes racistes ou xénophobes ? Il faut donc se rendre à l’évidence, si les règles, les arbitres, le « fair-play » on été inventés, c’est parce que le sport a tendance à engendrer de l’agressivité et de la haine, et qu’il a bien fallu trouver un moyen de contenir cette tendance. Le « fair-play » est au sport ce que la convention de Genève est à la guerre : un moyen de limiter les dégâts. Dire qu’on aime le sport pour le « fair-play » c’est donc aussi absurde que d’aimer la guerre pour la convention de Genève. Dopage à l’adrénalineLes premiers hommes ne pratiquaient d’exercice physique que pour leur survie : soit pour chasser, soit pour combattre, soit pour fuir le danger. C’est en situation de stress que le corps produit l’adrénaline nécessaire pour toute activité physique intense. Pour retrouver ce stress, le plus simple est donc de stimuler l’instinct de chasse, l’instinct de domination (qui pousse à combattre pour avoir le dessus) ou la peur (qui pousse à fuir). C’est exactement le sens des véritables valeurs du sport. On retrouve ses instincts de chasseurs en poursuivant un ballon ou un concurrent, la compétition nous pousse à chercher à dominer notre adversaire, et l’opposition systématique en 2 camps nourrit la peur de l’autre. Ce que l’on nomme « l’esprit d’équipe » consiste en fait à opposer 2 clans, qui sont d’abord soudés par leur envie d’écraser ceux d’en face. Ce qui plait dans le sport, c’est le fait de pouvoir laisser libre cours à ses instincts les plus primaires, ceux que l’on doit réprimer tous les jours au sein de la civilisation, pouvoir haïr son adversaire sans culpabilité le temps d’un match, pouvoir humilier son semblable en public, tout en protégeant sa meute… bref, se sentir à nouveau animal. On peut penser qu’il vaut mieux que ces instincts s’expriment dans un stade que sur un champ de bataille, mais voilà, l’un n’empêche pas l’autre, au contraire ! Sport et politiquePierre de Coubertin, fondateur des jeux olympiques modernes en 1896 et inspirateur de ce que l’on nomme aujourd’hui l’esprit sportif a dit : « La première caractéristique essentielle de l’olympisme ancien aussi bien que de l’olympisme moderne, c’est d’être une religion. En ciselant son corps par l’exercice comme le fait un sculpteur d’une statue, l’athlète antique honorait les dieux. En faisant de même, l’athlète moderne exalte sa patrie, sa race, son drapeau. »1 En 1934 les fascistes italiens (qui ont glorifié à l’extrême le football) organisent la coupe du monde (qu’ils remporteront), et le président de la fédération italienne de football s’exclame : « le but ultime de la manifestation sera de montrer à l’univers ce qu’est l’idéal fasciste du sport »2 En 1936, c’est le tour des nazis d’organiser les JO, à l’occasion desquels « Les dieux du stade »3 (l’un des plus importants films de propagande du régime) sera diffusé, exaltant la supériorité et la beauté des corps aryens. Déjà dans Mein Kampf, Hitler écrivait : « des millions de corps entraînés au sport, imprégnés d’amour pour la patrie et remplis d’esprit offensif pourraient se transformer, en l’espace de deux ans, en une armée » Même si toutes les dictatures aiment le sport, même si tous les régimes profitent du spectacle sportif pour détourner l’attention des foules, il n’y a jamais eu dans l’histoire de mouvement politique plus proche de l’idéologie sportive que le fascisme, et pour cause… Le fascisme est une idéologie glorifiant les instincts, la force brute, la violence et la confrontation. Il divise le monde en clans (les nations, les races, etc.) destinés à s’affronter à mort, et c’est en désignant l’ennemi (le communiste, le juif, etc.) qu’il soude la nation. Le lien ne peut que sauter aux yeux. Le physique et la haineLoin de constituer un moyen d’évacuer les instincts violents et haineux, l’idéologie sportive les entretient et les exalte. Au lieu de limiter le stress, elle en crée de toutes pièces au nom de la performance, au lieu de diriger l’effort sur des objets neutres, elle l’utilise contre d’autres humains. Au lieu de favoriser la collaboration, elle entretient les clans traditionnels en opposant des villes et des nations qu’on essaie tant bien que mal de faire vivre en paix depuis des siècles. Il existe pourtant nombre de jeux et pratiques physiques collaboratives (sans adversaire, sans gagnant ni perdant) et pacifiques qu’on pourrait encourager si l’idéologie sportive ne cherchait pas à s’imposer comme le seul modèle physique possible… En attendant, qu’on ne s’étonne pas si les jeux olympiques chinois n’ont apporté aucune amélioration au sort des nombreux peuples (Tibétains, Ouïghours, mais aussi les simples opposants chinois…) qui souffrent de l’oppression en Chine. notes
|
|||
| Mise à jour le Vendredi, 18 Septembre 2009 14:59 |






