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Un tzitzimitl, chez les trotskystes d'extrême-centre, est quelqu'un qui cherche à réfléchir sur la politique en dehors des cadres prédéfinis des "-istes" de tout poil... Moi aussi.
Le Fact-Cheking ou le renouveau du journalisme ! Imprimer Envoyer
Politique - Humeur
Samedi, 17 Mars 2012 22:50

Bon je vous l'annonce comme ça, tout de go : je me présente à l'élection présidentielle. Et du même coup j'ai décidé de soumettre mon discours d'entrée en campagne au nouvel outil infaillible et objectif du journalisme politique : le Fact Checking. Le principe de ce nouvel El Dorado du journalisme est de vérifier systématiquement les chiffres utilisés par les politiques dans leurs discours et interviews, et bien souvent de faire le compte général du nombre de chiffres corrects, incorrects ou imprécis pour donner ensuite ce qui est présenté comme un « pourcentage de crédibilité » du discours, et même ensuite du politique lui-même en faisant la moyenne des discours.
Par exemple :
Désintox
(Libération)
Les décodeurs (Le Monde)
Le Véritomètre (OWNI)

 

Voici donc mon discours :

Françaises, français.

Comme vous le savez tous, la fin du Monde qui aura lieu bientôt comme nous l'avait annoncé l'ancestral calendrier Berrichon ne pourra être évitée qu'en mangeant exclusivement de la viande de babouin irradiée au sein de centrales nucléaires, en apprenant d'urgence aux enfants néo-zélandais à danser la Polka et en retirant le droit de vote aux français qui sont particulièrement noirs mais pas trop non plus (c'est-à-dire un peu plus que Yannick Noah mais un peu moins que Jacques Séguéla).

Je ne suis bien sur pas le seul à proposer ces mesures de bon sens, puisque Hollande et Joly m’ont piqué l’idée de créer un commando spécial de l’armée chargé de s’introduire au Vatican pour sodomiser sauvagement Benoît XVI, ce qui aura pour effet immédiat de stopper la crise économique, comme l’ont si bien démontré Emmanuel Todd et Jean-Pierre Pernaud dans leur ouvrage commun dont je ne me rappelle plus le nom mais enfin vous voyez ce que je veux dire. Que ce hold-up de mes idées géniales ne vous détourne pas de la seule voie crédible, la mienne. Car sodomiser le Pape ne suffira évidemment pas à redonner durablement du souffle à l’économie si dans le même temps nous n’exterminons pas immédiatement tous les phoques, les pianistes et les stégosaures de la surface de la planète comme je le propose dans mon programme.

Françaises, français, votez pour moi  !

PS : 97 % des êtres humains ont 2 pieds.


Et voici le résultat du Fact-Checking effectué par les plus grands journalistes objectifs et rationnels de la planète : 

Vérifications des 2 affirmations chiffrées du discours de Tzitzimitl le 17/03/2012 sur son site web :

1) « 97 % des être humains ont 2 pieds » 

Après enquète il s'avère que les cul-de-jatte (0 pied), unijambistes (1 pied) et autres malformés avec 3 ou 4 pieds représentent tout cumulé à peine 3 % de la population mondiale. Reste donc bien 97 % de la population qui ont 2 pieds.

Source : Rapport annuel de l'OMS sur le handicap, édition 2011.

2) « Benoît XVI »

D'après l'historien Louis Vinion que nous avons interrogé, la liste des Papes reconnus par l'Eglise ayant utilisé le nom de Benoît avant Joseph Ratzinger comprends Benoît 1er (575-579), Benoît II (684-685), Benoît III (855-858), Benoît IV (900-903), Benoît V (964), Benoît VI (973-974), Benoît VII (974-983), Benoît VIII (1012-1024), Benoît IX (1032-1048), Benoît X (1058-1059), Benoît XI (1303-1304), Benoît XII (1334-1342), Benoît XIII (11724-1730), Benoît XIV (1740-1758) et Benoît XV (1914-1922).
L'ancien cardinal Ratzinger est donc bien le 16ème du nom (si l'on ne compte pas les Anti-Papes d'Avignon Benoît XIII et Benoît XIV au XIVème siècle).

Indice de crédibilité du discours : 100 %

 

... Et voilà, la preuve est faite. Désormais vous savez pour qui voter.

Mise à jour le Dimanche, 18 Mars 2012 00:20
 
Lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon : Il n'y a pas que des "travailleurs" dans le peuple Imprimer Envoyer
Politique - Humeur
Samedi, 21 Janvier 2012 22:07

Bonjour Mr Mélenchon,

Bien que l'émergence du Front de Gauche et de vous même sur le plan politique me réjouisse d'une manière générale, je considère qu'il reste dans votre démarche quelques points noir, et je me sens obligé de vous parler de celui qui me semble le plus grave.

Vous parlez aux ouvriers et aux travailleurs en général, et c'est très bien. On peut même dire que ça faisait longtemps que quelqu'un ne leur avait pas parlé de manière aussi intelligente. Mais pour quelqu'un de gauche, il me semble que la solidarité la plus urgente doit être envers ceux qui souffrent le plus. Or il existe une population grandissante qui est dans une situation encore plus grave que les travailleurs, c'est ceux qui n'en ont pas, de travail.

Je pense savoir que vous considérez les chômeurs comme des travailleurs « potentiels », des travailleurs « provisoirement » privés de travail, et que vous pensez donc vous adresser à eux aussi quand vous parlez aux travailleurs. Mais après plusieurs décennies de chômage de masse, et une campagne générale et permanente de dénigrement spécifiquement dédiée aux chômeurs qui finit parfois par pénétrer les discours des travailleurs eux-même,les chômeurs attendent qu'on s'adresse à eux directement, ne serait-ce que pour réaffirmer que les travailleurs sont solidaires des chômeurs. Or dans ce pays, les seuls politiques qui parlent aux chômeurs sont à droite, pour les traiter de feignants et les fliquer. A gauche, on ne tient pas ce discours en général, mais on ne le remplace par aucun autre. On se contente de ne pas leur parler. Et malheureusement j'ai bien l'impression que le Front de Gauche n'y fait pas exception.

Des millions de personnes dans ce pays (les chômeurs officiels, indemnisés, mais aussi ceux qui sont exclus des chiffres) ne se sentent pas concernées quand on parle aux « travailleurs », quand on va dans une usine, ou quand on utilise l'argument que les travailleurs sont plus importants que les patrons et les actionnaires car ce sont eux qui produisent. Leur quotidien, c'est Pôle Emploi, c'est le travail au noir, c'est les restaux du coeur ou la rue parfois. Beaucoup d'entre eux n'ont jamais mis les pieds dans une usine ou il y a si longtemps qu'ils ne s'en souviennent plus. Et lorsqu'on leur dit que ceux qui comptent sont ceux qui produisent, ils se sentent visés autant que les patrons et les actionnaires, car ils ne produisent rien, et pour certains n'ont quasiment jamais rien produit car ils sont au chômage depuis toujours...

Je comprends une certaine cohérence dans votre pensée. Je suppose que puisque vous souhaitez éradiquer le chômage, la misère et l'exclusion, vous ne devez pas vous adresser spécifiquement à ceux qui bientôt grâce à vos mesures économiques et sociales rejoindront la masse des travailleurs. Peut-être, mais pour ça il faut que vous soyez élu, que votre programme soit intégralement appliqué et produise ses effets, et malgré mon enthousiasme pour votre candidature, permettez-moi de douter que tout cela ne survienne après-demain. Et en attendant, les chômeurs existent, ils sont nombreux, ils vivent difficilement, subissent le flicage et le dénigrement permanent, et personne, pas même vous, ne prend la peine de leur parler.

Un exemple parmi d'autres : il existe des organisations de chômeurs. Elles s'appellent AC !, APEIS, MNCP, CGT Chômeurs... La plupart (à part la dernière) ne sont pas affiliées à des centrales syndicales, car leurs revendications sont assez éloignées des préoccupations des syndicats (par exemple les conditions des convocations à Pôle Emploi ou la revendication d'un revenu inconditionnel d'existence indépendant du travail), mais aussi pour des raisons plus triviales. Rien n'interdit à un ouvrier viré de son emploi de rester adhérent de son syndicat, mais le chômeur sans spécialité qui prendrait n'importe quel petit boulot pour avoir quelques sous, à quel syndicat va-t-il adhérer, lui qui n'appartient à aucune branche de métier ? Or, tous les jours, des dizaines de décisions concernant les chômeurs au premier chef sont prises en permanence par les « partenaires sociaux », c'est à dire les patrons et les syndicat, et donc par à peu près tout le monde sauf les premiers concernés : les chômeurs. C'est le cas à l'UNEDIC, à Pôle Emploi, etc.. et encore récemment avec ce « sommet social » organisé par sarkozy et sensé traiter prioritairement de la lutte contre le chômage. Dans tous ces sommets, ces réunions, ces négociations, les associations de chômeurs demandent en vain à être invitées et entendues... Et aucun parti de gauche n'a jamais relayé ces revendications à ma connaissance.

J'attends donc avec impatiente vos visites dans les Pôle Emploi, dans les CAF, dans les foyers d'accueil de SDF, dans les squatts, dans les associations de chômeurs, ou même tout simplement votre premier discours s'adressant aux chômeurs. Peut-être ainsi aurez-vous plus de chances de faire se déplacer une grande masse d'abstentionnistes le jour de l'élection présidentielle, mais surtout vous créeriez un précédent en étant le premier homme politique de gauche à reconnaître que les chômeurs sont de véritables personnes à qui l'ont peut parler et pas seulement des erreurs provisoires dans la politique de l'emploi.

Je précise que je suis adhérent à AC ! Gironde ainsi qu'au Parti de Gauche (même si je n'y milite plus en ce moment par manque de temps et de courage), et que bien que musicien se voulant professionnel, selon l'Etat et ses statistiques, je ne suis qu'un chômeur de longue durée.

 
Qu'est devenue la Génération AntiPaCS ? Imprimer Envoyer
Politique - Humeur
Dimanche, 11 Décembre 2011 00:00

Tiens j'ai retrouvé cette vieille image... Mais qu'est-elle devenue cette fameuse « génération anti PaCS » ? Ahhh nostalgie d'une époque merveilleuse ou les homophobes savaient faire la fiesta en se teignant les cheveux en vert (ce qui fait un peu gay d'ailleurs...)
Tout de même, toute une génération qui disparait comme ça « pfuit » ! C'est bizarre... J'espère qu'on aura l'occasion de les revoir lors du projet de loi sur le mariage homosexuel en 2012 !



 
Non, la SACEM ne représente pas les artistes Imprimer Envoyer
Politique - Humeur
Mardi, 28 Juillet 2009 15:34

Dernier communiqué de presse de la SACEM :

Report du projet de loi création et internet, forte déception de la Sacem

Mardi 21 juillet 2009

Les auteurs, compositeurs et éditeurs de musique expriment leur profonde déception ainsi que leur réelle colère face à l’interminable feuilleton à rebondissements du projet de loi dit HADOPI. L'adoption définitive du second volet, actuellement en discussion à l'Assemblée nationale sous le titre « protection pénale de la propriété littéraire et artistique sur internet », est reportée au mois de septembre prochain. (...)

Incroyable n'est-ce pas ? dès la première ligne du texte, l'intitulé « forte déception de la SACEM » se transforme en « Les auteurs, compositeurs et éditeurs de musique expriment leur profonde déception »... Voilà l'un des problèmes les plus profonds de notre système de droit d'auteur en France. L'essentiel des confusions entretenues sur le sujet viennent du fait que la SACEM se prend pour la représentante de tous les créateurs de musique, et ce texte n'en est qu'un exemple de plus...

Par exemple, il suffit de constater l'arrogance du slogan de la SACEM :

 

 

Alors soyons clair. Contrairement à ce que croient la majorité des gens, et même sans doute certains parlementaires chargés d'examiner la loi HADOPI, la SACEM n'est pas un organisme public ou chargé d'une mission par l'Etat.

En fait, la SACEM est une organisation privée qui a pour objectif de défendre, récolter et redistribuer les droits de ses membres, et uniquement de ses membres. A sa création, elle se présentait comme un syndicat d'artiste. Pendant des décennies elle a agit dans l'illégalité en récoltant des droits d'auteurs qui n'étaient pas encore reconnus par la loi. Du coup, quasiment tous les artistes s'affiliaient à la SACEM, ce qui a finit par leur monter à la tête...

Il n'en reste pas moins que le droit d'auteur est désormais reconnu par la loi à tout artiste dès la création de l'oeuvre, sans aucune démarche nécessaire. L'adhésion à la SACEM n'est absolument pas obligatoire. Pour toucher des droits d'auteurs, on peut même négocier directement un contrat avec son producteur, parfois plus avantageux que ce que redistribue la SACEM.

Outre le fait que quand la SACEM s'exprime dans un communiqué, c'est en fait sa direction qui s'exprime, car évidemment ils n'ont pas consulté avant chaque déclaration leurs 110 000 sociétaires, n'oublions pas que de nombreux auteurs et compositeurs n'en sont pas membres. Le développement d'internet, de la musique libre et les differentes polémiques ayant surgi ces dernières années ont poussé beaucoup d'artistes à se passer de ses services, voire même certains anciens sociétaires à se désafilier. De nombreux autres n'ont simplement jamais songé à y adhérer parce qu'ils n'envisagent pas de gagner leur vie par un autre biais que leurs concerts. Enfin il faut aussi compter les nombreux gens qui n'ont rien contre la SACEM et aimeraient bien y entrer mais n'en ont pas les moyens (eh oui l'inscription est payante, un peu plus de 100 €), ou ne remplissent pas les critères (il faut pouvoir montrer 5 cachets de spectacle ou prouver 5 diffusions en radio ou télé au minimum, ce qui n'est pas si simple en débutant par exemple).

Pour se faire un idée du nombre d'artistes non afiliés à la SACEM, le mieux que l'on puisse faire est de constater les 3287 artistes inscrits sur Dogmazic.net, sachant que ce site ne répertorie qu'un tout petit bout de la musique sous licence libre (je n'y suis pas, par exemple), qui elle même n'est qu'une infime part des artistes non affiliés à la SACEM (par choix ou non).

Il n'existe en France (contrairement à d'autres pays d'ailleurs) aucune société unique ayant le monopole de la gestion des droits des artistes, aucun syndicat obligatoire, donc aucune organisation représentant la totalité des artistes. La prochaine fois que quelqu'un affirmera savoir ce que pensent les artistes sur tel ou tel sujet, sachez qu'il ment ou qu'il est mal renseigné.

Mise à jour le Lundi, 26 Octobre 2009 01:21